2011 Année record des pertes dues aux catastrophes naturelles avec 380 milliards de dollars
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Publié le 6 janvier 2012 à 11h03.
Munich Re (Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft) réassureur allemand est le premier réassureur mondial. Il a publié le 4 janvier sa revue annuelle des catastrophes naturelles en 2011 où les tremblements de terre survenus ont causés des pertes économiques record et ont conduit l’année elle-même à atteindre le record absolu des pertes par catastrophes naturelles.
Une séquence de tremblements de terre dévastateurs et un grand nombre de catastrophes liées à la météo ont fait de 2011 l'année la plus coûteuse jamais enregistrée en termes de pertes par catastrophes naturelles. A environ 380 milliards de dollars, le montant des pertes économiques mondiales est presque deux tiers plus élevé qu'en 2005, la précédente année record avec 220 milliards de dollars. Les tremblements de terre au Japon en mars et en Nouvelle-Zélande en février ont causé à eux seuls près des deux-tiers de ces pertes.
Les pertes assurées pour 105 milliards de dollars ont également dépassées le record de 2005 (101 milliards).
Pour Torsten Jeworrek, responsable du département des réassurances de Munich Re : « Heureusement qu’une série de graves catastrophes naturelles comme l'an dernier est un phénomène très rare. Nous avons eu à faire face à des événements à intervalle de récurrence de 1 000 ans ou plus dans les régions concernées. Mais nous sommes prêts pour de telles situations extraordinaires. Il incombe à l'industrie de l'assurance de couvrir les pertes extrêmes, d'aider la société à faire face à de tels événements et en tirer les enseignements afin de protéger au mieux l'humanité de ces périls naturels. »
L’année en chiffres
Avec 820 événements sources des pertes, 2011 est dans la moyenne des dix dernières années. Mais si 90 % des catastrophes naturelles enregistrées étaient liées à la météo, presque deux tiers des pertes économiques et environ la moitié les pertes assurées ont découlé d'événements géophysiques, principalement des grands tremblements de terre. Normalement, ce sont les catastrophes naturelles liées à la météo qui sont les moteurs dominants des pertes ; en moyenne sur les trois dernières décennies, les événements géophysiques représentaient moins de 10 % des pertes assurées. La distribution régionales des pertes en 2011 a été elle aussi inhabituelle, environ 70 % des pertes économiques 2011 se situent en Asie.
Quelque 27 000 personnes ont été victimes de catastrophes naturelles en 2011. Ce chiffre ne comprend pas les innombrables personnes décédées en raison de la famine qui a suivi la pire sécheresse depuis des décennies dans la Corne d’Afrique, la plus grande catastrophe humanitaire de l'année. La guerre civile et l'instabilité politique rendent très difficile d'apporter une aide efficace aux victimes.
Le tremblement de terre de Tohoku du 11 mars
La catastrophe la plus destructrice de l'année fut le tremblement de terre du 11 mars dans la région de Tohoku au Japon, lorsqu'un tremblement de terre sous-marin d'une magnitude de 9,0 a eu lieu à 130 km à l'est du port de Sendai et 370 km au nord de Tokyo. Il est le plus fort séisme jamais enregistré au Japon. Les dommages causés par les secousses elles-mêmes furent relativement modérés grâce aux strictes normes de construction parasismiques japonaises. Cependant, le séisme a déclenché un terrible tsunami dont la vague a dévasté la côte nord-est de l'île principale de Honshu. Dans certaines baies, la vague a atteint une hauteur de 40 mètres. Des villes entières, des routes et des voies ferrées ont été emportées, des centaines de milliers de maisons ont été détruites. Quelque 16 000 personnes ont été tuées en dépit des digues de protection et un excellent système d'alerte précoce. Sans ces systèmes protecteurs, le nombre de morts aurait été beaucoup plus élevé. Un tsunami sur la cote nord-est du Japon avec une vague de cette taille aurait été subi pour la dernière fois en l’an 869.
Le tsunami a causé des dommages graves à plusieurs bâtiments de l'usine nucléaire de Fukushima. Certaines zones dans un rayon de plusieurs kilomètres de l'usine resteront inhabitables pendant une période de plusieurs années. Même sans tenir compte des conséquences de l'accident nucléaire, les pertes économiques causées par le tremblement de terre et le tsunami atteignent 210 milliards de dollars – la plus coûteuse catastrophe naturelle de tous les temps, dont la part des pertes assurées pourrait être supérieure à 40 milliards de dollars.
La ligne de faille qui a déclenché le tremblement de terre était en fait assez courte avec une longueur de 450 km. Toutefois, le fond marin, au niveau de la fracture, s'est déplacé de 30 à 40 mètres. Les experts estiment qu'un tremblement de terre de cette force se produit une fois tous les 500 à 1 500 ans. Le choc principal a été suivi par des milliers de répliques dont les plus fortes, 40 minutes après la secousse principale, avaient encore une magnitude de 7,9.
Le tremblement de terre de Christchurch du 22 février
Avant la catastrophe du tsunami au Japon, un séisme de magnitude 6,3 a eu lieu le 22 février à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. L'aspect remarquable de cet événement a été qu'un séisme de magnitude 7.1 avait frappé Christchurch juste six mois plus tôt et que, malheureusement, les ondes sismiques furent amplifiées par réflexion sur un volcan éteint situé au large, et ont ainsi causé des destructions beaucoup plus grandes que normalement attendues avec un tremblement de terre de cette amplitude. L'épicentre se trouvait à une faible profondeur et à seulement quelques kilomètres du centre ville.
Les pertes furent énormes. De nombreux vieux bâtiments se sont effondrés, et beaucoup d’édifices ont été endommagés malgré des normes de construction très élevées, certaines zones résidentielles ne seront pas reconstruites. Les pertes économiques se chiffrent à environ 16 milliards de dollars, dont environ 13 milliards étaient assurées.
La veille de Noël la terre a encore tremblé à Christchurch. Plus d'une douzaine de personnes ont été blessées après trois fortes secousses. Cependant, en termes de gravité, les tremblements de terre ne furent pas aussi puissants que lors de l'événement dévastateur de février. Les pertes pour l'industrie de l'assurance relatives à ces répliques devraient être significativement plus faibles.
Selon Peter Höppe, Chef de l’unité de recherche sur les risques géophysiques chez Munich Re : « Même si cela semble difficile à croire compte tenu des récents événements, la probabilité de séismes n'a pas augmentée. Toutefois, ces graves tremblements de terre sont des rappels périodiques avertissant que le choix des endroits où construire les villes exigent une attentive considération de ce risque, surtout lorsque certains types de constructions sont prévues, et par-dessus tout quand il s’agit d’installations nucléaires. Aussi, les normes de construction dans les régions exposées aux tremblements de terre nécessitent plus de rigueur, afin que les bâtiments ne restent pas juste debout pour sauver des vies mais puissent être utilisés de nouveau par la suite. »
Catastrophes liées à la météo : les inondations en Thaïlande
Les inondations en Thaïlande se distinguent parmi les nombreuses catastrophes liées à la météo de 2011. Elles ont été déclenchées par de fortes pluies, qui ont commencé au printemps et atteint un sommet à l'automne. En raison de sa faible élévation au-dessus du niveau de la mer, la plaine du Centre de la Thaïlande – où se trouve la capitale Bangkok – est sujette à des inondations tout au long de la saison des pluies de mai à octobre. Selon les autorités, les inondations de cette année ont été les pires depuis une cinquantaine d’années. On suppose que le phénomène naturel climatique de La Niña a été un facteur contributif, étant donné que la saison des pluies est souvent plus forte au cours de cette phase.
Les inondations ont causé la mort de 800 personnes. Non seulement des centaines de milliers de maisons et de vastes étendues de terres agricoles ont été inondées, mais également sept grandes zones industrielles avec des installations de production appartenant principalement à des groupes japonais. Un grand nombre de fabricants de composants clés électroniques ont été affectés, conduisant à des retards de production et des perturbations pour les entreprises clientes. Environ 25 % de l'approvisionnement mondial de composants pour les disques durs d'ordinateur a été directement touché par les inondations. Avec des pertes économiques s'élevant à des dizaines de milliards de dollars, les inondations ont été de loin la plus coûteuse catastrophe naturelle dans l'histoire de la Thaïlande.
Amérique du Nord : beaucoup de tempêtes mais peu d’ouragans.
La saison des tornades a été particulièrement violente dans le Midwest et les États du sud des États-Unis. Plusieurs séries de tempêtes avec de nombreuses tornades ont causé des pertes économiques totalisant environ 46 milliards de dollars, dont 25 étaient assurées. Ces pertes assurées étaient ainsi deux fois plus élevées que dans la précédente année record de 2010. La série de phénomènes météorologiques violents s'explique, en grande partie et ici également, par le phénomène climatique de La Niña. Dans le cadre de cette oscillation naturelle du climat, les masses d’air froid du Nord-Ouest se déplacent plus fréquemment vers les états centraux des Etats-Unis et rencontrent l'air chaud et humide du sud. Dans de telles conditions, les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents que dans les années « normales ».
Les pertes par les ouragans venant d’Atlantique-Nord ont été modérées. Toutefois, comme en 2010, il s'agit purement d’un hasard. Au nombre de 18, les cyclones tropicaux enregistrés cette saison était très sensiblement au-dessus de la moyenne à long terme (11) et au-dessus de la moyenne de la phase chaude actuelle depuis les années 1990 (15), qui entraine une activité accrue des tempêtes tropicales. Le nombre (6) de tempêtes classées en ouragans (vents soutenus à plus de 118 km/h) est dans la moyenne à long terme. Cependant, le nombre de cyclones tropicaux qui ont touché terre, en particulier sur la côte des États-Unis, a été très faible. Seuls trois ouragans classés, dont le dénommé Irène, ont touché la côte américaine. Irène a causé des pertes économiques dans les Caraïbes et aux États-Unis pour un total de 15 milliards de dollars, dont 7 étaient assurées.
« 01 M » : première tempête tropicale au compteur en Méditerranée.
Une autre caractéristique frappante de cette année a été que, pour la première fois, l'Agence météorologique des États-Unis (NOAA) a classé en tempête tropicale un système dépressionnaire en Méditerranée. Dénommée Rolf la dépression s’est formée le 3 novembre, causée par une crête barométrique d’air froid au dessus de la mer encore chaude (20 ° C). Avec des vitesses de vent maximale de 120 km/h, la tempête « 01 M » a touché la côte méditerranéenne française avant de se disperser. La tempête a produit des pluies extrêmes le long de la Côte d'Azur.
Source Munich-RE – traduction écollectivités
Review of natural catastrophes in 2011 / Munich-Re (en anglais) www.munichre.com/en/media_relations/press_releases/2012/2012_01_04_press_release.aspx