Evaluer et rendre compte de sa stratégie de développement durable
Comité 21 /
lu 239 fois
Publié le 4 janvier 2012 à 14h11.
/ actualisé le 5 janvier 2012 à 10h53.
A l’occasion d’une journée d’échanges sur le thème « Evaluer et rendre compte de sa stratégie de développement durable », le 20 octobre dernier à l’ESCP Europe, le Comité 21 a présenté sa nouvelle publication à plus de 150 acteurs (entreprises, collectivités, associations, établissements d’enseignement supérieur, etc.).
Evaluer et rendre compte est un exercice souvent perçu comme difficile, coûteux et fastidieux. Il est pourtant indispensable pour progresser et crédibiliser une démarche. En termes de développement durable, les collectivités ont désormais rejoint les entreprises dans cet impératif de mesure des politiques environnementales, sociales et économiques engagées à leur échelle (article 255, Loi Grenelle 2). Et les entreprises vont être de plus en plus nombreuses à y être soumises (article 225, Loi Grenelle 2).
Au niveau international, le contexte évolue également suite notamment à la parution des lignes directrices de l’ISO 26 000 sur la responsabilité sociétale des organisations, la révision des principes directeurs de l’OCDE à destination des entreprises multinationales, l’annonce d’une publication à venir de la Commission européenne sur la RSE et la révision en cours de la GRI prévue pour 2013.
Ces initiatives nationales et internationales vont dans le sens de pratiques plus responsables. Etre responsable, c’est « répondre de » ses actes, de ses engagements, de ses initiatives. Les rapports annuels permettent de répondre, de rendre compte - à la société au sens large - des choix environnementaux et sociaux pris par les entreprises et les collectivités, dans une démarche d’amélioration continue. Pourtant, entre document de communication et rapport de gestion, les rapports de développement durable peinent à trouver leurs lecteurs et leur place. Dans cette période de crise et de transition économique, les enjeux de l’évaluation et du reporting - portés, pour partie, par les rapports de développement durable - sont donc nombreux.
Pour les entreprises, il s’agit de s’assurer de la pertinence, la précision et la comparabilité des informations ; de renforcer la fiabilité et la crédibilité des données ; de structurer les informations en fonction des publics ciblés et des supports et de lier la responsabilité à la performance économique et financière de l’entreprise. Pour les collectivités, l’enjeu consiste aujourd’hui à identifier les « bons » indicateurs, en nombre limité et à structurer les données environnementales, sociales et économiques, partiellement disponibles à l’échelle des territoires.
Pour y parvenir, elles doivent s’appuyer sur l’expertise des acteurs socio-économiques mais aussi des citoyens pour créer une culture territoriale de l’évaluation. L’objectif est bien d’aiguiser l’appétit de l’action et non de décourager les services. Une participation encadrée des parties prenantes à l’évaluation et au reporting est sans doute la meilleure preuve de la crédibilité des stratégies de responsabilité sociétale. Le dialogue avec les parties prenantes en est le coeur. Même si les rapports des entreprises ne définissent que trop rarement les objectifs stratégiques et opérationnels assignés au dialogue, cette démarche est un révélateur de l’appropriation des enjeux RSE par l’entreprise.
Sur le fond, des efforts sont encore à fournir en termes de définition du niveau et des modalités de dialogue mis en place, d’engagements pris pour répondre aux parties prenantes, et d’évaluation de la qualité et de l’impact de ces actions. L’intégration des avis des parties prenantes aux rapports annuels est encore rare mais cela constitue certainement une voie de progrès pour les processus de reporting, que ce soit pour les entreprises aujourd’hui, ou pour les collectivités territoriales demain. Sur les territoires, de nombreuses interactions existent entre entreprises et collectivités au service du développement durable.
« Une participation encadrée des parties prenantes à l’évaluation et au reporting est sans doute la meilleure preuve de la crédibilité des stratégies de responsabilité sociétale. »
Le caractère protéiforme de celles-ci offre une richesse de projets gagnant-gagnant dans lesquels les entreprises peuvent accompagner les collectivités dans le respect de la réglementation (construction d’offres spécifiques) ou innover avec elles, le territoire devenant alors un nouveau terrain d’expérimentation. Les collectivités, quant à elles, renforcent le dialogue en mettant en commun les forces et les ressources du territoire (définition de marchés publics, constitution de clusters, pôles de compétitivité, etc.).
En résumé, pour faire évoluer le reporting, il faudra donc : sensibiliser et former les acteurs pour enrayer les craintes et réticences liées à l’évaluation ; harmoniser les référentiels nationaux et internationaux pour comparer les efforts initiés par chacun ; impliquer les parties prenantes dans la définition des enjeux et des indicateurs pour s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue ; renforcer les liens entre les démarches des entreprises et stratégies des territoires pour créer de nouvelles synergies pour le développement durable.
retrouvez tous nos dossiers et éco-expériences en cliquant ici