Fabienne Labrette-Ménager Une élue sarthoise aux commandes de la politique nationale des déchets
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Publié le 6 avril 2010 à 11h04.
/ actualisé le 21 mars 2011 à 10h40.
Députée et vice-présidente du conseil général de la Sarthe, Fabienne Labrette-Ménager est à la tête du Cnd (Conseil national des déchets)
Députée et vice-présidente du conseil général de la Sarthe, Fabienne Labrette-Ménager est à la tête du Cnd (Conseil national des déchets) depuis quelques mois. Cette femme de terrain relève le défi de faire de la France un des piliers de l’Europe en terme de...
Députée et vice-présidente du conseil général de la Sarthe, Fabienne Labrette-Ménager est à la tête du Cnd (Conseil national des déchets) depuis quelques mois. Cette femme de terrain relève le défi de faire de la France un des piliers de l’Europe en terme de prévention et de recyclage des déchets. Depuis près de dix ans, elle s’emploie à faire de la Sarthe - son département d’origine - un territoire d’innovation en la matière.
Pour Fabienne Labrette-Ménager, tout a commencé lors du naufrage de l’Amoco-Cadiz en mars 1978. A 17 ans, elle décide de participer au nettoyage des plages de Lannion en Bretagne, afin notamment de sauver la saison touristique. Marquée par cette expérience, elle perçoit alors très précocement le lien existant entre environnement et économie.
Originaire du village de Fresnay-sur-Sarthe (72), Fabienne Labrette-Ménager effectue un retour aux sources en 1985, lorsqu’elle intègre une entreprise de fabrication de colorants à base de betteraves rouges. Là, elle découvre la difficulté de retraiter ces matières organiques. Celle qui considère le déchet comme une ressource devient en 2001 adjointe au maire de son village puis élue au conseil général. « A l’époque, je crée une commission environnement qui donnera le jour à un plan départemental des déchets. C’est alors que j’échange sur la thématique avec divers acteurs du territoire et l’idée de trouver un consensus entre eux m’intéresse », déclare-t-elle.
Un second souffle pour le Cnd
Actuellement députée et vice-présidente du Conseil général de la Sarthe, Fabienne Labrette-Ménager est également présidente du Cnd. Son importante participation aux débats du Grenelle sur la thématique des déchets et sur la défense de la Tgap (Taxe générale sur les activités polluantes) n’est pas passée inaperçue. Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno la nomment ainsi à la tête du Cnd en septembre 2009. Grâce à la dynamique initiée par le Grenelle, cette instance qui sommeillait depuis 2001 se voit désormais chargée d’une mission précise. Un plan donne pour la période 2009-2012 des objectifs chiffrés, avec notamment une réduction de 7 % de la production de déchets ménagers et assimilés par habitant et une diminution de 15 % des quantités partant à l’incinération ou au stockage. Fabienne Labrette-Ménager explique : « au sein de cette structure, une des priorités pour l’année 2010 est de traduire en droit français la directive cadre européenne. Cette directive établit une hiérarchie à cinq niveaux d’intervention sur les déchets : prévention, réemploi, recyclage, valorisation et, en dernier lieu, élimination. Elle poursuit : par conséquent notre plus gros travail est axé sur la prévention des déchets et donc sur le changement de comportement. En partenariat avec l’Ademe, un important effort doit donc être fourni en matière d’information, de sensibilisation et d’accompagnement ».
La Sarthe : laboratoire et terre d’innovations
Par ailleurs, cette femme dynamique considère que ses fonctions de présidente du Cnd et de députée de la Sarthe se marient parfaitement. Elle témoigne : « la Sarthe est comme un laboratoire qui permet de décliner localement la politique mise en place au niveau national. A l’échelle du département, nous avons par exemple adopté à l’unanimité un plan d’élimination des déchets qui met l’accent sur la réduction de ceux-ci à la source ». Fabienne Labrette-Ménager ne s’arrête pas là puisque qu’elle travaille localement à la mise en place de déchetteries et à leur labellisation, ainsi qu’à l’installation de composteurs individuels, d’un électro-composteur et d’une unité de méthanisation.
Quelle est selon vous l’urgence environnementale actuelle ?
On parle beaucoup des émissions de Ges, mais je considère que l’accès à l’eau potable est la première des urgences. D’ici à 2050, neuf milliards d’habitants peupleront la planète et il va falloir tenir des engagements et avoir des objectifs ambitieux sur ce point à l’échelle internationale.
Quel premier geste apprendriez-vous à un enfant afin qu’il respecte son environnement ?
La gestion de l’eau me paraît là aussi essentielle.
Votre moyen de locomotion idéal ?
J’utilise beaucoup le train mais j’ai également acquis une voiture à motorisation hybride il y a six ans.
Une de vos passions que vous souhaiteriez faire connaître à nos lecteurs ?
Je vis avec un artiste-peintre et je m’intéresse de près à la peinture et à la sculpture. Nous possédons d’ailleurs une collection de sculptures réalisées à partir d’objets.
par Claire Janis-Mazarguil
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