Pascal Duclos A la tête d’une PME qui roule
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Publié le 20 mai 2011 à 18h06.
/ actualisé le 20 mai 2011 à 18h19.
Pascal Duclos est P.-d.-g. de Goupil Industrie spécialisée dans la conception et la commercialisation de véhicules utilitaires électriques. Cette PME implantée dans le sud-ouest de la France connaît aujourd’hui une belle ascension.
Ingénieur en électrotechnique diplômé de l’Enseeiht (Ecole nationale supérieure d’électrotechnique, de l’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) à Toulouse, Pascal Duclos a travaillé dans les années 1990 sur les moteurs électriques pour l’entreprise Schneider. En 1996, il fonde Goupil Industrie avec Thierry Zerbato, un ancien camarade de promotion spécialisé en mécanique et sur les nacelles autoportées en particulier. « Nous avions identifié à l’époque un besoin dans ce domaine aux Etats-Unis, puis nous avons décidé de développer ce type de véhicules pour le marché français » se souvient le P.-d.-g. A ce moment, le secteur de l’automobile s’intéresse aux véhicules électriques mais dans le courant des années 2000 le concept est délaissé. Pascal Duclos s’arme alors de ténacité : « il fallait convaincre que cette solution était la bonne et que l’autonomie et la vitesse n’étaient plus problématiques ».
Des utilitaires électriques adaptés au centre-ville…
Les deux associés se basent alors sur la technologie robuste des chariots élévateurs pour concevoir leur premier véhicule utilitaire électrique. Ils partent du constat qu’il fallait adapter la voiture au centre-ville et non l’inverse et conçoivent un modèle compact appelé G3 mesurant un mètre dix de large et pourvu d’un rayon de braquage de trois mètres permettant de faire demi-tour sur place. Des villes comme Bordeaux, La Baule, Strasbourg sont alors séduites (tout comme certains parcs de loisirs : Pierre & Vacances, Center Parcs, Eurodisney…) par ce véhicule équipé d’un châssis modulable sur lequel peuvent s’ajouter une vingtaine d’équipements (fourgon, plateau basculant, benne de collecte, nettoyeur haute pression, arrosage…). « Aujourd’hui, nous proposons des utilitaires dotés d’un moteur électrique avec un rendement de 90 %. Le véhicule hybride G5 commercialisé depuis quelques mois permet de parcourir de longues distances sans puiser dans les batteries », complète Pascal Duclos. A l’inverse des véhicules hybrides classiques où l’essentiel de la traction est assuré par le moteur essence, le mode thermique du G5 ne prend le relais que pour les trajets périurbains, lorsque les batteries sont épuisées.
..et plébiscités par les collectivités
L’innovation est au coeur de la stratégie de Goupil Industrie qui est une des rares entreprises françaises à s’être développée dans l’utilitaire électrique. « Nous sommes d’abord une équipe de techniciens travaillant sur un marché de niche. En outre, sept commerciaux collaborent étroitement avec les services communaux afin d’être présents sur le terrain ». Les collectivités représentent en effet la moitié de leur clientèle en 2011. Pourtant, au départ, l’entrepreneur s’intéresse particulièrement aux industriels mais il se rend rapidement compte que les villes sont également réceptives. Il observe : « les collectivités confrontées à la problématique de livraison de marchandises en centre-ville attendent de véritables outils de travail autonomes et non des véhicules électriques de vitrine. Elles recherchent des utilitaires ergonomes et spécialisés grâce à des équipements dédiés sur le plateau ». Depuis la création du Goupil G3, l’entreprise connaît une croissance à deux chiffres (+40 % en moyenne depuis 2005). La PME installée à Bourran (47) dans des locaux d’une superficie de 10 000 m2 compte actuellement 100 salariés. Goupil Industrie est également implantée dans l’ensemble des pays de l’Europe des douze. Sur 1 050 véhicules commercialisés en 2010, 350 l’ont été à l’export (soit 35 % des ventes). Son P.-d.-g. ne souhaite pas s’arrêter là et ambitionne pour l’avenir de travailler sur l’optimisation des moteurs et des batteries et de poursuivre son développement en France et à l’étranger.
ne définition de la ville durable ?
La ville durable n’est ni Shanghai, ni les villes pavillonnaires américaines. C’est une ville pas trop peuplée (entre 50 000 et 1 million d’habitants maximums) dotée d’une belle architecture. La ville de Bordeaux pourrait s’en approcher avec son tramway et le réaménagement de son centre-ville qui laisse une large place aux piétons et cyclistes, aux bords de la Garonne aménagés et au bassin d’Arcachon « à portée de train ».
L’invention du XXIe siècle ?
Elle reste à définir mais elle pourrait être liée à la thématique énergétique et à la question de la mobilité afin de remplacer l’essence.
Un moyen de locomotion idéal ?
Un véhicule hybride rechargeable avec une vraie autonomie.
Un livre de chevet ?
« Racontars arctiques » de Jorn Riel
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