VÉHICULES ÉLECTRIQUES : L'ENJEU DES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE
Salon Interclima+elec, le salon de l’efficacité énergétique des bâtiments (7 au 10 février 2012) /
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Publié le 17 décembre 2011 à 16h42.
/ actualisé le 17 décembre 2011 à 17h18.
Le développement des véhicules électriques dépend d'un nouveau réseau d'infrastructures de recharge pour les batteries. Dans moins de dix ans, près de 400 000 bornes devront ainsi être installées dans le domaine public. Un chantier immense. Mais sous quelle forme, avec quels acteurs ? Et qui paiera quoi ? Un défi à la fois industriel, technologique et financier. En avant-première du salon Interclima+elec, le salon de l’efficacité énergétique des bâtiments (7 au 10 février 2012), le point sur les enjeux du déploiement des véhicules électriques et hybrides.
Ampera (Opel), Mia (ex-Heuliez) ou encore Zoé (Renault), les voitures électriques (VE) sont les nouvelles stars des salons automobiles. Pour preuve, une vingtaine d'entre elles devraient être commercialisées d'ici à 2013. Et ce n'est qu'un début si l'on se réfère aux objectifs du Grenelle de l'environnement qui, à l'horizon 2020, prévoit la mise en circulation de deux millions de véhicules ''décarbonés'' en France. Un marché estimé entre 20 et 50 milliards d'euros par an en Europe (dont 7,5 milliards en France) à partir de cette date. Quant au taux de pénétration des VE, il atteindrait alors les 5%. Les grandes entreprises comme EDF, La Poste ou Vinci devraient tirer les premières en se dotant d'importantes flottes captives, ce qui encourage les constructeurs automobiles à investir dans ce domaine. Reste que ces prévisions ne pourront se réaliser sans infrastructures publiques de recharge électrique afin d'apporter une solution viable aux utilisateurs. Dans moins de dix ans, près de 400 000 bornes devront ainsi être installées dans le domaine public. Un chantier immense. Mais sous quelle forme, avec quels acteurs ? Et qui paiera quoi ?
En avant-première du salon Interclima+Elec, le point sur les enjeux du déploiement des véhicules électriques et hybrides.
I. Etape n°1 : le livre vert
« Un des moyens de financer les investissements consiste à nouer des partenariats public/privé », explique Louis Nègre, sénateur UMP (Alpes- Maritimes), et auteur du ''Livre vert sur les infrastructures de recharges ouvertes au public pour les véhicules décarbonés'' remis au Premier Ministre en avril 2011. « Un des modèles détaillé dans ce Livre vert consiste en un avenant au contrat de délégation de service public dans le cas des espaces de stationnement gérés par un concessionnaire. Dans ce cas, le surcoût des bornes peut être pris en charge par le concessionnaire », souligne Louis Nègre.
Au même moment, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) lançait un appel à manifestation d'intérêt concernant la couverture en bornes rechargeables d'une douzaine d'agglomérations importantes, parmi lesquelles Bordeaux, Strasbourg et Rennes. Un appel d'autant plus intéressant pour les opérateurs qu'il préfigure le marché des bornes individuelles privées, dont le nombre est évalué à près de quatre millions en 2020. Car selon l'Ademe, si les bornes publiques ne représenteront que 10% des prises électriques et 5% des usages des foyers, elles constitueront « un gage de fiabilité de fonctionnement pour l'ensemble du système ».
II. Le socle normatif, garantie d'une interopérabilité en toute sécurité
Véritable « cahier des charges à destination des collectivités territoriales », le Livre vert du sénateur Louis Nègre détaille en effet les conditions techniques et économiques d'un premier maillage du territoire qui souligne le « rôle important des collectivités territoriales dans (ce) déploiement. » D'ici là, les fournisseurs devront s'attacher à garantir une sécurité maximale pour l'utilisateur, un des principaux points soulevés par le Livre vert. Selon Evelyne Schelkens, secrétaire générale de l'Association européenne des installateurs électriciens, il s'agit d'un des critères clés de la réussite : « Un seul accident suffirait pour que tout le secteur s'écroule ». D'où la nécessité d'établir des normes strictes respectées par toute la profession.
Toutes les installations et technologies associées à la batterie et à la recharge font ou feront l'objet de réglementations. Directeur développement commercial des voitures électriques Renault, Thomas Orsini explique ainsi qu'un ''label'' développé avec Schneider Electric est à l'étude, dont la finalité est « de poser les bases dès maintenant de ce que sera la future norme ». Un point de vue que ne partagent pas forcément les autres constructeurs....
« Nous avons déjà ‘‘normalisé’’ beaucoup de choses dans le Livre vert (puissance fournie, type de prise...) » conclut Louis Nègre. Au niveau communautaire, un arbitrage demandé par le Conseil de l'Union européenne doit également aboutir prochainement.
III. Un paradoxe environnemental
Reste un problème de taille : la recharge lente ou « normale » d'un véhicule électrique peut dépasser les cinq heures. Paradoxalement, les progrès de la R&D ont élaboré des systèmes qui réduisent considérablement ce temps de recharge.
Ainsi, la Mia électrique prévoit une charge accélérée de 2h30. Celle du néerlandais Epyon Power tombe à 15 mn ! Or, ces progrès sont relativement incompatibles avec l'objectif du véhicule électrique. « Selon une étude que nous avons réalisée, le surcoût énergétique du cumul de recharge rapide et simultanée de 50.000 véhicules serait de 2 GW », explique Patrick Coroller de l'Ademe. « La recharge rapide doit devenir une recharge de secours uniquement. » En effet, la quantité d'électricité nécessaire ne pourrait être fournie que par des centrales thermiques d'appoint et donc des émissions accrues de gaz à effet de serre.
Cependant, le Livre vert ne tourne pas totalement le dos aux techniques de recharge accélérée ou rapides, destinées à rassurer les usagers. Ainsi, les systèmes retenus pourront proposer trois systèmes de charge (lente, accélérée ou rapide) avec des tarifications différentes. Dans le cas où les frais d'infrastructure de recharge devraient être supportés par le client, ce dernier pourrait ainsi débourser 13 euros en charge lente et 36 euros en charge rapide (pour un ‘‘plein’’ de 25 kWH). C'est alors la modulation des prix qui incitera le consommateur à privilégier une recharge lente. La recharge normale (3kVA) reste à privilégier systématiquement, martèle cependant le Livre vert, qui préconise en outre de programmer le temps de charge afin d'éviter les pics de consommation.
Étant donné le nombre et la taille des constructeurs et opérateurs intéressés par le dossier ainsi que l'ampleur des expérimentations déjà engagées, la compétition qui s'amorce seulement aujourd'hui s'annonce rude et risque fort de provoquer des surtensions dans le secteur...
Interview de Louis Nègre, sénateur UMP (Alpes-Maritimes) et auteurdu ''Livre vert sur les infrastructures de recharge ouvertes au public pour les véhicules décarbonés''.
Le marché de l'installation de bornes privées agira-t-il comme une ‘‘carotte’’ pour les opérateurs privés ? Bien sûr, cela facilite toujours les choses... Mais il y a aussi une orientation lourde au niveau international, promue par l’État, qui a incité beaucoup d'opérateurs privés à s'engager sans attendre dans le développement de ces infrastructures. Il y a par exemple des grands distributeurs qui installent déjà des bornes privées sur un domaine privé ouvert au public, sans attendre de subventions.
La communication sur la charge rapide des constructeurs et les recommandations du Livre Vert qui privilégie les bornes de recharge lente ne sont-elles pas contradictoires ? Je ne suis pas dans la tête des constructeurs. Il y a certainement un frein psychologique qui a été étudié quant à la crainte d'un manque de bornes de recharge. Mais le retour d'expérience montre que les bornes rapides ne sont pas utilisées à la hauteur de ce souci. En fait, les gens utilisent leur véhicule électrique en fonction de données plus pragmatiques (30 à 40 kms par jour). Ils ont juste besoin d'une borne chez eux et d'une autre au travail. Les bornes rapides sont surtout là pour rassurer.
En cas de croissance rapide du marché des véhicules électriques, envisage-t-on au niveau de l’État une baisse sensible des ressources issues de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ? Toutes les études qui ont été faites montrent une montée progressive de la demande. Nous sommes dans une phase de démarrage d'une filière industrielle. Donc, je pense que dans les prochaines années, le problème de la TIPP ne se posera pas. Si à un moment donné nous avons une accélération de la progression attendue, l’État regardera certainement de plus près, mais nous n'en sommes pas là.
Le Livre vert est disponible à l'adresse suivante :
www.developpement-durable.gouv.fr/Le-senateur-Louis-Negre-remet-son.html
Des consortiums entre constructeurs automobiles, opérateurs électriques et acteurs publics préfigurent les différents modèles économiques à venir. Citons ''Autolib'', le service public de partage de VE que la ville de Paris compte ouvrir fin 2011 en s'appuyant sur la Bluecar de Bolloré. Better Place et Renault prévoient de lancer la Fluence ZE dès l'automne qui présente l'originalité de posséder une batterie interchangeable. De son côté, l'alliance de l'électrotechnicien français Schneider Electric et de l'opérateur télécom estonien EMT vient de remporter un appel d'offres portant sur l'installation de 250 postes de recharge rapide en Estonie, dont le paiement s'effectuera par téléphone mobile. Better Place © DR D'autres systèmes de paiement prévoient l'utilisation de la RFID (Radio Frequency Identification). Plus en pointe, Siemens, en partenariat avec BMW - à l'instar de Nissan au Japon - tente de mettre au point un système de recharge par induction (sans câble) qui fonctionnera même lors d'un stationnement de courte durée.
FICHE IDENTITE
NOM : INTERCLIMA+ELEC 2012
DATES & LIEU : Du mardi 7 au vendredi 10 février 2012
Paris, Porte de Versailles
Halls 7.1 - 7.2 - 7.3
HORAIRES : 9h00 à 19h00
LIEU : Paris Porte de Versailles
EXPOSANTS : 580 exposants attendus
VISITEURS : Près de 85 000 visiteurs attendus
OFFRE DU SALON : Génie climatique & produits et systèmes pour la production d'eau chaude sanitaire et de chauffage à partir d'énergies renouvelables
· Produits & systèmes d'installation électrique
· Réseaux de communication, infrastructures, écrans tactiles et télécommandes / Automatismes de portes et
portails / Audio et vidéo, media center, alarmes,
systèmes pour incendie, interphones, portiers vidéo
· Produits & systèmes utilisant les énergies
renouvelables pour la production d'électricité
· Outillage & solutions installateurs
· Techniques sanitaires & accessoires de chauffage
· Espace Conférences
DEUX SALONS DANS LE SALON :
Le salon du photovoltaïque au coeur d'Interclima+elec
Le salon de la domotique et du multimédia au coeur d'Interclima+elec
SECTEURS : Hall 7.1 : Climatisation/Pompe à chaleur/Ventilation et traitement de l'air/Froid
Hall 7.2 : PV Energy (Solaire photovoltaïque)/Smarthome (Domotique) /IRVE/ Cabling/GTB et régulation/ Outillage/ Espace Conférences
Hall 7.3 : Chauffage et Eau chaude sanitaire/Radiateurs/ Solaire thermique, bois énergie/Pompes/Robinetterie et traitement de l'eau
www.interclimaelec.com