Bâtiments/
Combien de temps et quel prix pour le facteur 4 ?
Le nouveau bâtiment en cours de construction du siège social de l’Ademe à Angers est le premier Bâtiment public basse consommation (BBC). Dans une démarche Haute qualité environnementale (HQE®) le chantier de 3 000 m2 aura eu un faible impact sur l’environnement général et immédiat dans lequel son intégration se veut de haute qualité, tout comme la gestion de ses flux (énergie, eau et déchets).
Par l’installation de ressources énergétiques photovoltaïques et un renforcement de l’isolation, ce bâtiment répond également aux normes de Très haute performance énergétique (THPE) puisque sa consommation prévue est de moins de 32 kWh/m2/an. Le surcoût total des travaux, qui permettent d’obtenir un gain énergétique de 50% sur la réglementation thermique 2005 (sur ventilation nocturne l’été pour refroidir les locaux par la restitution, le jour, de la fraîcheur accumulée par l’inertie des bétons découverts en intérieur, isolation par l’extérieur sous un bardage métallique, éclairage variable selon la luminosité et la détection de présence, triple vitrage respirant avec stores intégrés), est d’environ 12% des 5,1 millions d’euros consacrés au bâtiment avec retour d’investissement prévu sur douze ans.
Ce bâtiment se veut exemplaire, Ademe oblige, mais les constructions neuves et anciennes qui sont responsables de 40% de l’énergie totale consommée, devant les transports (30%) et l’industrie (30%), sont la cible prioritaire des économies à réaliser en termes d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre (GES). Le Grenelle environnement en a fixé l’échéancier : en 2012, la consommation des ouvrages neufs ne devra pas dépasser 50 kWh/m2/ an, et en 2020, les constructions nouvelles devront être à énergie positive ; pour ses bâtiments existants l’Etat s’engage, à cette date, à réduire d’au moins 40% les consommations d’énergie et de 50% les émissions de GES. Il incitera les collectivités de rénovation pour les mêmes effets à cette même échéance. Les techniques, on le voit avec le siège de l’Ademe et les nombreux bâtiments tertiaires réalisés, ou en cours de réalisation cette année en France selon ces normes, sont disponibles pour l’échéance de 2012. En Europe, les bâtiments passifs se comptent par milliers ; en Suisse, en Allemagne et dans les pays nordiques, la construction passive est devenu un standard de qualité avec des normes définies dans des labels, utilisés déjà par certains et Minergie, ainsi que des normes scandinaves très exigeantes adaptées aux pays froids.
Les principes de base (murs passifs et utilisation du solaire) sont utilisés depuis l’Antiquité mais la notion d’habitat passif pour désigner une construction à très faible consommation d’énergie primaire pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire (ECS), éventuellement intégralement équilibrée par l’utilisation de l’énergie solaire, date du début des années 1990 et a donné l’occasion d’inventer des produits comme les briques creuses collées de type monomur et d’améliorer des techniques d’isolation. Mais le « facteur 4 », engagement pris en 2003 de diviser par quartre les émissions de GES du niveau de 1990 d’ici 2050, et confirmé par le Grenelle environnement, semble cependant être hors de portée pour tous les bâtiments anciens (construits avant 1975, date des premières réglementations énergétiques), pour des raisons techniques (à moins de mettre au point une sur isolation en intérieur sans défigurer les façades), voire économiques (environ 3,5 milliards de m2 de surface chauffée - habitation et tertiaire - à rénover à un coût entre 200 et 400 euros le m2 selon la difficulté, c’est quelque que 1000 milliards d’euros d’ici 2050 !
C’est donc aux constructions neuves, incluant le renouvellement plus rapide des bâtiments anciens (taux actuel de 1% par an), de baisser leurs émissions de GES dans des proportions très largement supérieures au facteur 4 pour compenser un stock énergétivore de bâtiments antérieurs à 1975 et qui, peut-être, représentera encore 60% du parc immobilier en 2050.
Bruno Parasote,
Restructuration, extension et réduction
de 75 % des coûts énergétiques
"Sans réflexion, impulsion
et volonté politique,
rien ne se serait fait
à Illkirch"
En 2003, Philippe Cabiener, le maire adjoint chargé de l’écologie depuis deux ans à Illkirch-Graffenstaden (Bas- Rhin) fit le choix de la démarche HQE® à l’occasion de la restructuration et de l’agrandissement du centre de loisirs en prévoyant de réduire de 75% les coûts énergétiques de fonctionnement. « A cette époque, la population n’était pas aussi mûre qu’aujourd’hui. Les débats pour convaincre étaient de ce fait plus difficiles ! Ce qui est aujourd’hui une évidence était de l’innovation ! » nous confie Bruno Parasote. « La difficulté fut de convaincre l’architecte, mais à force de persuasion, et parce que je savais que nous étions soutenus politiquement, le projet a réussi à franchir les barrières techniques financières et plus difficiles encore, celles des “habitudes de travail“ ! Les entreprises ont eu une sensibilisation forte en début de chantier, elles ont joué le jeu, y compris celui du tri sélectif sur chantier ».
Aujourd’hui le taux de satisfaction est très bon au niveau des professionnels et des usagers, la ville ayant par ailleurs reçu une distinction régionale pour cette opération (prix de la qualité environnementale de l’association Alsace qualité environnement) et, pour mieux décrire la volonté politique déployée par la mairie sur le chemin du projet, à Bruno Parasote de nous citer Arthur Schoepenhauser « les idées neuves sont d’abord moquées, puis combattues pour enfin être considérées comme des évidences ! »
Projet : Restructuration du CLSH
(Centre de loisirs sans hébergement)
existant et extension de 200m2 pour
améliorer son accueil et bénéficier de
deux salles d’activités complémentaires.
Démarche HQE® prévoyant de réduire
de 75% les coûts énergétiques de fonctionnement.
Démarche
> Intégration d’une centrale photovoltaïque
en toiture
> Création d’un espace d’accueil, de
bureaux et de deux salles d’activités
> Mise aux normes du bâtiment
> Clôture du préau, conservation des
structures primaires
> Valorisation du site, ouverture du bâtiment
sur son environnement
> Climatisation naturelle des locaux et
amélioration du confort acoustique
> Réalisation d’une centrale photovoltaïque
de 35,5 kWc
Financement
Montant des études / 188 127,63 € TTC
Montant des travaux / 1 052 151,14 € TTC
Conduite d’opération
Maîtrise d’ouvrage : BE/DSTAU/ville
d’Illkirch
Maîtrise d’oeuvre : Knecht et Associés
Assistance à maîtrise d’ouvrage(HQE®) :
Liermann et Energico
Subventions
Conseil général : 137 814,92 €
Conseil régional : 15 000,00 €
Ademe : 100 000,00 €
CAF : 381 738,00 €
Planning
Début des travaux : septembre 2005
Fin des travaux : fin avril 2006
Coût total de l’opération :1 240 278,77 € TTC
Cette réalisation donne une part importante
à la qualité environnementale de
la construction en intégrant dès l’élaboration
du programme des objectifs ambitieux
permettant d’atteindre les 14 cibles
qui composent une démarche HQE®.
4 cibles HQE® d’éco-construction
(1) Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement:
le projet souhaitait bénéficier des apports paysagers
du site et ne pas s’étendre par la réutilisation maximale
des espaces existants.
(2) Choix intégré des procédés et produits de construction:
cette cible a particulièrement été traitée par l’utilisation
importante de bois dans la structure des extensions et des
planchers (essence et origines européennes), par l’utilisation
de fibre de bois (façades) et de chanvre (toiture) pour l’isolation
de l’enveloppe du bâtiment. L’utilisation des peintures
avec solvants et des colles a été restreinte et nécessite l’accord
de la maîtrise d’ouvrage avant application. Les peintures
sont de normes NF Environnement au minimum. Les sols en
linoléum ou carrelage.
(3) Chantier à faibles nuisances :
une charte environnementale
était jointe aux appels d’offres et sa signature était
obligatoire par les entreprises pour répondre au marché de
travaux. La quantification des déchets a été demandée dès
les DCE et le tri sélectif sur site organisé par le compte prorata
(selon le cas, la ville aurait pris en charge les déchets,
le coût aurait alors été défalqué des marchés de travaux par
lots). Les procédés de construction retenus participent à de
faibles nuisances sonores (construction bois, pour partie préfabriquée
en atelier, etc.) Tri sélectif sur site par bennes communes
: bois, gravats, acier, cartons...
(4) Gestion de l’eau :
des réservoirs 3/6 litres sont disposés
en sanitaires, les eaux de pluie sont récupérées par les toitures
végétalisées. L’étude de récupération des eaux de pluie
pour les besoins de la structure n’a pas été favorable à la
réalisation d’une cuve de rétention.
3 cibles HQE® d’éco-gestion
(5) Gestion de l’énergie :
cet aspect est primordial pour
la réussite de l’opération (diminution des besoins énergétiques).
Ceci passe par la réalisation d’une enveloppe isolante
de grande épaisseur (fibres de bois et chanvre de 16 cm),
de la reprise totale du système de chauffage par double flux
et puits canadien (longueur de 2 x 50m.), par la pose de vitrage
isolant (à argon, châssis bois aluminium), la réalisation
d’une surtoiture (voir centrale photovoltaïque en annexe) sur
l’existant et de toiture végétalisée sur les extensions pour une
climatisation artificielle. L’éclairage du site est géré par des
sondes de lumière et un fractionnement des espaces selon
les usages (pose de tubes fluo compacts, ballasts électroniques,
etc.).
(6) Déchets d’activité :
le tri sélectif du papier (principal déchet
d’un CLSH) est réalisé sur la commune et collecté sur
ce site.
(7) Entretien et maintenance :
l’utilisation de matériaux
nobles et l’architecture sobre ont participé à cette cible. La
vêture de façade en bois de mélèze brut (sans peinture) ne
nécessitera aucun entretien.
4 cibles HQE® de confort
(8) Confort hygrothermique :
la ventilation naturelle et artificielle
des locaux a été étudiée pour, que, avec l’apport de
l’air puisé par le puits canadien, celle-ci soit la plus douce
possible. Des simulations ont été faites pour assurer une
homogénéité du chauffage (salle d’activité par panneaux radiants
en plafond encastrés) qui est par ailleurs programmé
et télégéré par la ville. Certains objectifs de la RT 2005 ont
été suivis dans la conception du bâtiment, respectant de base
la RT 2000.
(9) Confort acoustique :
les plafonds des salles d’activité
sont dotés de panneaux acoustiques pour absorber les bruits
et le sol est en matériau absorbant également.
(10) Confort visuel :
le bâtiment, auparavant relativement
obscur, a largement été ouvert sur son environnement et la
nature. La lumière naturelle est fortement présente par les
larges baies vitrées.
(11) Confort olfactif :
l’absence de produits avec solvants,
l’utilisation importante de produits naturels permettent d’obtenir
dès la réception des travaux une ambiance saine et
agréable.
(12) Conditions sanitaires :
les choix des cibles précédentes
permettent d’obtenir des résultats non négligeables pour
cette cible, toutefois difficilement quantifiable.
(13) Qualité de l’air :
les choix des cibles précédentes permettent
d’obtenir des résultats non négligeables pour cette
cible. La volonté d’obtenir une faible présence de formaldéhydes
dans l’air intérieur a été l’une des priorités du choix des
matériaux.
(14) Qualité de l’eau :
la conduite d’acheminement de l’eau
potable de 70 ml a été remplacée par une conduite neuve
dans le cadre du projet.
Emile-Jean WybrechtSelon Emile-Jean Wybrecht, directeur de l’Alme «La construction neuve et la rénovation énergétique du bâtiment font partie des actions climat à forte valeur ajoutée qu’il va falloir développer dans l’avenir. L’augmentation de l’efficacité énergétique dépend, dans un premier temps, de la motivation des maîtres d’ouvrage à agir dans ce sens. Celle- ci passe par l’intégration de solutions techniques performantes mais éprouvées. L’intégration de ces dernières est relativement aisée dans le neuf, mais plus complexe dans le bâti ancien dont l’amélioration de l’efficacité énergétique représente l’enjeu principal en termes d’actions climat pour la Camsa. L’aboutissement aux performances souhaitées demande une implication permanente de la maîtrise d’ouvrage ou de son représentant (AMO) tout au long du projet, que cela soit dans les réflexions amont sur les choix techniques à effectuer ou la qualité de mise en oeuvre des solutions retenues. Cette procédure de suivi d’animation des projets dans une optique d’atteinte des résultats effectifs s’inscrit dans le cadre des réflexions actuelles sur l’émergence d’un pôle de compétences territorial sur la rénovation énergétique BBC portée par la Camsa. Il est possible d’impliquer le futur habitant d’un logement construit ou rénové en basse énergie. Ce type de bâtiment, en plus de son faible impact sur l’environnement, permet une réduction substantielle des charges d’énergie pour le locataire ou le propriétaire occupant. La motivation du citoyen passe également par un confort d’usage optimisé (confort hygrothermique, qualité de l’air intérieur...). Il est important d’expliquer aux futurs usagers les spécificités techniques du bâtiment et de l’accompagner dans la mesure du possible dans une démarche de Maîtrise de la demande d’énergie qui lui permettra encore de réduire davantage ses charges liées à l’énergie tout en maintenant un confort optimal».
Programme énergivie de développement des « bâtiments basse consommation »
L’Alsace dit «Oui» à l’éco-logis !
À Zillisheim (Haut-Rhin) a été inauguré le
premier chantier en Alsace d’un bâtiment
Minergie (voir normes et labels en page 24)
qui améliore la consommation d’énergie de
plus de 60% par rapport à la réglementation
thermique française (RT 2005).
De facture traditionnelle et comportant six
logements, ce bâtiment a bénéficié de solutions
techniques performantes (isolation
renforcée, panneaux solaires, VMC double
flux….) qui lui ont permis de réduire par trois
la facture d’énergie tout en restant dans
l’enveloppe des 10% d’investissements
supplémentaires prévus par Minergie.
Par ailleurs, dans le centre-ville de Mulhouse
(Haut-Rhin), la rénovation de logements
au standard « bâtiment économe en énergie
», une première en France, a permis de
passer de 450 kWh/m2/an à moins de 70
kWh/m2/an pour la consommation en chauffage
et eau chaude. Une rénovation rendue
possible grâce au dispositif de défiscalisation
loi Malraux qui motive les investisseurs
privés à investir dans ces projets en
acceptant le cahier des charges BBC établi
pour la rénovation. Le panel des solutions
techniques retenues après 300 simulations
thermiques dynamiques implique les mises
en oeuvre d’une isolation renforcée sur
certaines façades, du triple vitrage, l’installation
d’une VMC et de panneaux solaires
pour l’eau chaude sanitaire. Le surcoût des
travaux par rapport à une rénovation standard
est estimé à 15% pour des bâtiments
dont la facture de chauffage sera réduite
d’un facteur 8.
Dans le cadre de ces deux opérations,
l’Agence locale de la maîtrise de l’énergie
(Alme) réalise un accompagnement
complet de la démarche : du programme
en phase étude, au suivi des travaux (qualité
de la mise en oeuvre) jusqu’à l’évaluation
une fois les bâtiments occupés. Cette
assistance de l’Alme est financée par la
région Alsace et l’Ademe, dans le cadre du
programme énergivie, de développement
des « Bâtiments basse consommation ».
Créée en 1999 par la Communauté d’agglomération
Mulhouse sud Alsace (Camsa)
dans le cadre de sa politique en faveur du
développement durable (agenda 21) et du
programme européen Save, qui impliquait
un partenariat avec la ville de Fribourg en
Allemagne, l’Alme fait partie de la vingtaine
d’agences existantes actuellement en
France.
> L’agence a pour objectif de développer
l’optimisation énergétique et les énergies
renouvelables dans le but notamment de
réduire les émissions de gaz à effet de serre
sur un territoire de 27 collectivités, dont
16 communes de la Camsa et 11 du Sivom.
Les actions de l’Alme concernent aussi
bien la sensibilisation des acteurs (l’Alme
est espace Info Energie-EIE soutenu par
la Camsa, l’Ademe, la région Alsace) que
des missions de conseil et d’assistance
technique sur des projets pour tous types
de maîtres d’ouvrage.
> L’Agence est également fortement impliquée
dans le plan climat territorial que la
Camsa a engagé en 2006 (audits énergétiques,
sensibilisation, aides à la diffusion
de la climat box, informations et conseils...).
Elle participe de façon active au développement
du pôle de compétences « rénovation
bâtiment basse consommation » en assurant
une expertise technique et un suivi des
opérations BBC engagées notamment sur
la Camsa.
> L’Alme est également coorganisatrice
avec le parc des expositions de Mulhouse
du salon du « bâtiment économe en énergie
», dont la troisième édition aura lieu en
avril 2009 à Mulhouse.
« Et si l’on imposait les mêmes prestations à tous les logements lors de la rénovation ? »
La solution technique universelle (STU)Labels HPE et BBC.
La Haute performance énergétique (HPE) correspond à une
consommation conventionnelle d’énergie au moins inférieure
de 10 % à la convention de la RT 2005 (réglementation appliquée
à toutes les constructions neuves).
La Très haute performance énergétique (THPE) correspond à
une consommation inférieure à 20 % de la RT 2005.
Les labels HPE Enr et THPE Enr (énergies renouvelables)
garantissent un taux élevé de fourniture énergétique par des
sources renouvelables.
Ces quatre labels ne constituent en réalité qu’un petit plus
par rapport à la réglementation actuelle et seront bientôt obsolètes.
Par ailleurs, il existe un cinquième label, beaucoup plus ambitieux,
proposé par l’association Effinergie pour le neuf :
le BBC (Bâtiment basse consommation). Ce dernier fixe la
performance énergétique du bâtiment neuf à 50 kWh/m2/an,
(seuil du projet de loi Grenelle 1 pour les permis de construire
à fin 2012, ramené à 2010 pour les bâtiments publics).
Attention à la HQE® !
Enfin, on entend souvent parler de la démarche HQE® : la
Haute qualité environnementale. Il ne s’agit nullement d’un label,
mais bien d’une démarche volontaire de la part du maître
d’oeuvre visant à réduire les impacts sur l’environnement des
bâtiments lors de leur construction, de leur rénovation et de
leur usage. Le cahier des charges comprend 14 cibles :
- 3 cibles de l’éco-construction correspondant à la volonté de
maîtriser les effets dus au fait qu’on crée ou qu’on adapte un
bâtiment
- 4 cibles d’éco-gestion correspondant à la volonté de maîtriser
les effets dus au fait qu’on va exploiter un bâtiment
- 4 cibles de confort et 3 cibles de santé d’un environnement
intérieur satisfaisant.
L’ensemble de la démarche conduit le maître d’ouvrage à hiérarchiser
les cibles selon, en particulier :
- des options fonctionnelles
- des exigences financières, opérationnelles et commerciales
(réalisation de scénarii valorisés en coût global)
- des points de vue des acteurs concernés, il n’y a ni objectif
chiffré, ni contrôle.
Reconstruction totale du bâtiment à Petit-Quevilly
Le premier collège seinomarinLe bâtiment à énergie positive veut être le produit d’un changement radical où de consommateur d’énergie il devient producteur et diminue son empreinte carbone
Les économies d’énergie constatées par l’utilisation des technologies basse consommation et les appoints
d’énergie solaire ont fait émerger l’idée d’obtenir, dans des configurations favorables, un solde positif entre les
besoins et les ressources d’énergie d’un même ouvrage.
Les technologies de concentration de l’énergie reçue du soleil, poursuivi dans sa course, sur des cellules photovoltaïques
de plus en plus performantes, la mise au point de micro-éolien sur axe vertical, sont sur le point
de faire sauter la dernière difficulté
d’application liée à la surface nécessaire
pour une production énergétique
renouvelable déterminée.
Le bâtiment pourrait alors devenir
autosuffisant grâce à une architecture
bioclimatique, en choisissant une
orientation favorable à un éclairage et
une ventilation naturels, en confiant à
l’enveloppe du bâtiment le double rôle
de parfait isolant et de porteur des
capteurs d’énergie primaire, en utilisant
la géothermie à faible profondeur
pour des échanges thermiques et en
adjoignant des systèmes de gestion
des écarts climatiques utilisant l’inertie des matériaux intérieurs. Le développement des bâtiments à énergie
positive est promu en France par la fondation « bâtiment énergie » créée par Arcelor, EDF, GDF et Lafarge ; et
par le programme Prebat (de recherche et d’expérimentation sur l’énergie dans le bâtiment) mis en place en
2005 dans le cadre du plan Climat.
De nombreux projets sont lancés dans le bâtiment tertiaire, où les volontés convergent, dans le cadre du Grenelle
environnement, vers une rupture technologique afin de généraliser la construction de bâtiments à énergie
positive pour que, d’ici cinq ans, la moitié des ouvrages tertiaires neufs ne consomment pas plus de 50 kWh/
m2/an ou soient à énergie positive.
Le recours aux énergies renouvelables et l’utilisation de matériaux qui stockent le carbone sont, bien sûr,
prépondérants pour la réalisation des objectifs énergétiques et au premier rang de la lutte engagée contre le
réchauffement climatique.
> Le Gesec rénove ses bureaux et passe en classe A
Situé sur la zone des Granges-Galand à Saint-Avertin (37) le Gesec est un groupement d’intérêt économique
réunissant des PME indépendantes de services spécialisés dans le génie climatique, l’électricité et l’eau pour
tous types de bâtiments au service de leurs occupants. Le GIE est organisé sur un modèle d’économie
solidaire sans équivalent en France. En décembre 2007, le groupement a décidé de réaménager ses futurs
bureaux et ainsi, d’entreprendre la rénovation d’un ouvrage existant d’une surface de 1 000 m2 sur deux niveaux.
Cette réalisation, inaugurée mardi 8 juillet 2008, fait de cette ex-classe D (211 kWh/m2/an), datant de
1987, un bâtiment qui atteint une performance énergétique de classe A (50 kWh/m2/an et à 5 kg de CO2/m2/an).
Première rénovation du tertiaire privé en basse consommation, le bâtiment réalise une économie annuelle de
150 000 kWh et de 3,4 tonnes de CO2 pour 1 000 m2.
> Réduction des GES : Elithis atteint le facteur 4
Dessinée par l’architecte Jean-Marie Charpentier, la tour Elithis, eponyme de la société d’ingénierie climatique
et électrique, à la fois maître d’ouvrage et maître d’oeuvre, est en cours de construction près du centre-ville de
Dijon. Ce bâtiment de 5 000 m2 sur 10 niveaux sera terminé d’ici la fin 2008.
L’utilisation d’un bouclier thermique en façade et de multiples dispositifs d’économie d’énergie sur l’éclairage et
le chauffage portent à 30 kW/m2/an la dépense d’énergie, tandis que l’installation sur le toit de panneaux photovoltaïques,
pour un coût de 500 000 euros (seul surcoût par rapport à une construction traditionnelle, de l’ordre
de 7% du coût total), permettra une production du tiers des besoins énergétiques. Objectif atteint : facteur 4 et
réduction des émissions de GES.
Il est prévu la mise en place d’un panneau extérieur à la vue du public qui indiquera, jour après jour, le chiffre
des économies réalisées.
Le maire de la ville, qui a soutenu le projet, François Rebsamen, s’est félicité de la « mise en place d’une urbanisation
exemplaire au niveau de l’architecture et du développement durable ».
Green Office®, bâtiment intelligent à énergie positive
Cette année à Meudon (Hauts-de- Seine) commencera la construction de Green Office®, immeuble de 23 300 m2 à énergie positive, qui abritera sur sa moitié 400 collaborateurs de Bouygues Immobilier. La façade, orientée au sud pour bénéficier d’un maximum d’ensoleillement, est divisée en bandes verticales. Une sur deux est une très grande baie vitrée à châssis fixe, tandis que l’autre est elle-même composée de trois petites bandes correspondant à la structure en béton du bâtiment, à un ouvrant motorisé et automatiquement piloté pour la ventilation naturelle doté d’une fenêtre à ouverture manuelle. Plaquée sur la structure de béton de 27 cm, la couche isolante, de 20 cm d’épaisseur, est habillée en bardage aluminium au nord et à l’ouest. Les façades sud-est et sud-ouest, quant à elles, sont habillées d’une alternance de panneaux photovoltaïques et de bardage aluminium ; auxquels s’ajoutent des brise-soleil semi-transparents équipés de cellules photovoltaïques. Ainsi, le bâtiment est étanche lorsqu’il faut se protéger du chaud ou du froid et s’ouvre lorsqu’il faut profiter des conditions extérieures. En intérieur, les dimensions sont calculées afin que la lumière naturelle pénètre efficacement dans les bureaux, sans faux-plafond ni faux-plancher, qui emmagasinent le chaud ou le froid pour le restituer ensuite. L’optimisation de la gestion de la lumière, la chaudière à cogénération biomasse produisant simultanément de la chaleur (pour l’ensemble des besoins de chauffage) et de l’électricité complémentaire, encouragement des comportements faiblement consommateurs. De plus, 4 000 m2 de panneaux photovoltaïques sur les façades, les toitures, les terrasses et les abris de parking extérieurs permettent au bâtiment de produire plus d’énergie qu’il n’en consomme, en tenant même compte des consommations électriques des utilisateurs pour les usages bureautiques. C’est plus de 400 tonnes de rejets de CO2 qui seront ainsi annuellement économisés.Le projet Solaris vise l’excellence énergétique
Avec l’objectif initial de dépasser le seuil BBC, le projet Solaris est en phase lui aussi avec la rupture technologique en matière de construction, enfant désiré du Grenelle environnement. Une organisation nord/sud du bâtiment et une optimisation de la forme, l’isolation par l’extérieur, l’utilisation de l’inertie thermique, la surventilation nocturne, l’utilisation de la géothermie et la création d’un microclimat (*), contribuent à l’optimisation thermique tant l’hiver que l’été. En complément de la géothermie, 4 223 m2 de panneaux photovoltaïques fixes seront installés sur le toit. Le résultat de l’application de ces technologies conduit à une consommation d’énergie primaire de 43,7 kWh/m2/an, un besoin total en cette énergie de 1 266 907 kWh et une production de 1 320 960 kWh ! Gain en énergie primaire et en euros puisque les charges énergie de 7 €/m2/an au lieu de 16 pour un immeuble équivalent sont plus que compensées par la revente au réseau de l’énergie produite qui représente 9,38 €/m2. Le gain résiduel de 2,38 euros s’impute directement en diminution des consommations électriques des utilisateurs (ordinateurs, photocopieurs, etc.). Le surcoût de construction est de 350 E/m2 , plus de 15 % par rapport aux coûts selon la RT 2005. Il concerne les technologies utilisées (pilotage par système informatique) pour l’éclairage, optimisé par l’orientation, géré par des détecteurs de présence, graduable selon la lumière naturelle (ampoules performantes) ; la température en chaud comme en froid, elle, est stockée dans les planchers grâce à l’inertie des matériaux des structures. On utilise en été la surventilation la nuit et la circulation d’eau froide le jour. En hiver, la chaleur des 756 000 m3 de terre (13° en continu) est injectée dans l’immeuble par la circulation d’eau dans les 120 sondes géothermiques logées à 100 m de profondeur. (*) Une couverture du jardin, de type parapluie - respirant sur ses bords sud et nord et créant des convections naturelles - est constituée de coussins pneumatiques (Texlon®), sortes de bulles transparentes qui améliorent la régulation de la température et le filtrage de la lumière, tout en créant un espace couvert à faible consommation. L’hiver, un léger échauffement diminue le besoin des façades internes du jarjardin. En été, la convection crée un tirage rafraîchissant éliminant naturellement tout effet de serre.réalisation de Sercib à Clamart (92)
date de livraison : décembre 2010
surface SHON: 31 000 m2
terrain d’assiette : 10 000 m2
architecte : François La Fonta,
Architecture et Environnement
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