Nantes métropole,
première collectivité d’Eurocités à adopter
la déclaration du changement climatique
Publié le 21 Janvier 2009 à 10h00.
La collectivité territoriale
Jean-Marc Ayrault, le président du groupe
socialiste à l’Assemblée nationale est député-maire de Nantes depuis 1989. Sur les
bases du Syndicat intercommunal à vocation
multiple de l’agglomération nantaise (SIMAN)
créé par son prédécesseur à la mairie, il fait
naître en 1992 le district de l’agglomération
nantaise, à fiscalité propre.
En 2001, en ap-
plication de la loi Chevènement du 12 juillet
1999, le district deviendra, avec 23 communes voisines, la Communauté urbaine de
Nantes (CUN). En 2004 elle prendra le nom
actuel de Nantes métropole – communauté
urbaine.
L’agglomération nantaise est traversée par
la Loire, qui se divise en deux bras enserrant
l’île de Nantes, et parcourue par cinq rivières
et un certain nombre de ruisseaux se jetant
dans le fleuve. Le climat nantais est de type tempéré océanique qui s’étale, par l’estuai-
re de la Loire, à l’intérieur des terres, aidé
en cela par l’absence de relief : les hivers
sont doux (-5°C/+10°C) et pluvieux et les
étés relativement beaux et doux également
(17°C/35°C). La métropole est sous les vents
de dominante ouest liés aux dépressions cyclonales atlantiques ; les pluies, 820mm en
moyenne annuelle, sont fréquentes mais de
faibles intensités. Avec l’océan à quarante
minutes, des espaces verts préservés, Nantes s’est vu reconnue en 2004, par le magazine Times, comme la ville la plus agréable d’Europe. La métropole cosmopolite attire
de nouveaux habitants par son dynamisme,
sa culture et sa créativité et comptera selon
l’Insee 640000 habitants en 2020 (600000
à ce jour, dont environ 282000 pour la seule
ville de Nantes).
1 plan climat territorial
2 projet communautaire de
l’énergie
3 développement des éco-tech-
nologies
4 éco-quartiers/projets dura-
bles
5 espace «mobilités et déplacements durables»
6 plan de réduction des
consommations des pesticides
sur l’agglomération
7 vers une gestion partenariale
des zones humides
8 conciliation des temps
9 égalité des chances devant
l’activité et l’emploi
10 mobilisation de l’agglomération pour l’accueil des personnes «seniors»
11 handi-«cap» pour l’agglomération nantaise
12 ateliers de la densité urbaine
13 pour une industrie locale et
durable
14 services résidentiels, filière
économique d’intérêt collectif
15 vers un pôle international en
commerce éthique et équitable
16 commande publique et dévelopement durable à Nantes
métropole
17 les déchets : de nouvelles
ressources à maîtriser
18 animation du «réseau d’agglomération agendas 21»
19 formation des acteurs
locaux au développement durable appliqué
20 éco-gestes au sein de Nantes métropole
21 baromètre des ressources
et des engagements en développement durable
Nantes et le développement durable
Depuis les années quatre-vingt-dix, pour
l’agglomération nantaise, adopter une logique de développement durable, c’est opter
ensemble pour une nouvelle façon de vivre,
qui concilie les besoins des populations et la
préservation des équilibres écologiques, sociaux et économiques.
En décidant, en avril
2004, l’élaboration de l’agenda 21 de Nantes
métropole, le conseil communautaire a choisi de se doter d’un «outil repère», coproduit
avec les partenaires locaux.
L’agenda 21 communautaire a été défini
comme un outil de dialogue permettant de
renforcer la coopération intercommunale et
de promouvoir un ensemble de pratiques
transversales pour un développement territorial durable et partagé.
Dans ce sens, la démarche agenda 21 s’est
construite autour de cinq axes :
- mobiliser l’ensemble des parties prenantes
du territoire autour d’une ambition commune
qui place le développement durable comme
fil conducteur des actions communautaires
- repérer et valoriser les initiatives et les pratiques locales allant dans le sens du développement durable
- identifier, au coeur des politiques communautaires, les axes de progrès pour renforcer
la « durabilité » de l’action publique à court,
moyen et long termes
- déterminer les actions phares à inscrire au
titre de l’agenda 21 communautaire
- proposer la réalisation d’un débat local
ouvert, permettant à Nantes métropole et à
ses partenaires d’évaluer régulièrement les
avancées.
Le diagnostic, réalisé au printemps 2005, a
révélé un certain nombre de constats, sur la
manière dont le développement durable est
pris en compte sur le territoire.
Les élus, les agents de Nantes métropole et
les partenaires locaux y ont identifié des domaines à conforter :
> économie plurielle
prise en compte du marché, de l’économie
sociale et solidaire ; nouveaux systèmes
de production et meilleure répartition des richesses
> environnement
préservation des ressources naturelles et du
cadre de vie
> gouvernance
responsabilisation de chacun et participation
de tous à un nouveau type de développement
> cohésion sociale
reconnaissance de la diversité culturelle et
solidarité entre les populations
En réponse aux défis mondiaux d’un développement durable, la collectivité veut, à
travers son agenda 21, agir dans trois directions principales :
• la lutte contre l’effet de serre
• les solidarités et les évolutions des modes
de vie
• la diversification économique
Avec la difficulté de travailler en transversalité
sur ces sujets nouveaux, la prise en compte
de ces enjeux se concrétise notamment par
l’animation du territoire, la mobilisation des
agents de Nantes métropole et la poursuite
du débat public.
Premier chantier de l’agenda 21 de Nantes métropole, le plan climat territorial
Le plan climat territorial
a pour objectif de mettre en oeuvre à
l’échelle du territoire de l’agglomération, le respect du protocole de Kyoto,
soit une division par deux des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon
2025. Il s’appuie notamment sur le réseau agenda 21 d’agglomération pour
diffuser et échanger sur les bonnes pratiques et les expériences en matière de
développement durable des 24 communes de l’agglomération nantaise.
Le changement climatique est aujourd’hui
largement vérifié au niveau mondial. Ce
phénomène risque de modifier profondément nos paysages et nos cadres de vie
dans le futur proche et le moyen terme
(modes de déplacements, consommation
d’énergie,…).
Avec le plan climat, Nantes métropole cherche à limiter le phénomène d’effet de serre
(passant par la réduction des émissions de
gaz à effet de serre) et à anticiper les effets
du changement climatique.
Le cadre stratégique du plan climat a été
approuvé par le Conseil communautaire
le 9 mars 2007.
Il s’appuie notamment
sur le réseau agenda 21 d’agglomération
pour diffuser et échanger sur les bonnes
pratiques et les expériences en matière de
développement durable des 24 communes
de l’agglomération nantaise.
Sur un autre
plan, Nantes métropole établit des contrats
de recherche et développement avec des
organismes de recherche locaux ou nationaux afin d’approfondir ses connaissances
dans le champ de l’énergie en particulier
(ex. : potentiel en géothermie très basse
énergie du territoire, caractérisation locale
de la précarité énergétique).
Deux orientations ont été retenues par
délibération adoptée à l’unanimité :
ATTENUER
- aménager et construire
- favoriser la mobilité et le transport durable des personnes et des marchandises
- réhabiliter les bâtiments en limitant les
gaz à effet de serre
- développer les énergies renouvelables
- utiliser le bois pour stocker et réduire les
émissions de CO2
- agir à l’international
- utiliser les outils financiers en faveur du
climat
- viser la neutralité carbone de la communauté urbaine
Un programme pour améliorer la qualité du
patrimoine bâti de Nantes métropole est
en cours. Exemple : un assistant à maîtrise
d’ouvrage Haute qualité environnementale
intervient pour toutesles nouvelles opérations. La neutralité carbone évoquée dans
le cadre stratégique s’applique à un objectif de long terme (2025). Il est recherché,
dans un premier temps, un objectif d’exemplarité.
ADAPTER
1,4 à 5,8°C
C’est l’estimation de l’augmentation de la
température moyenne à la surface de la
planète d’ici 2100.
Evaluer concrètement les vulnérabilités du
territoire autour de trois thématiques principales :
- l’eau : régime hydraulique, inondations ;
impact sur les milieux et la biodiversité
- les activités économiques : agriculture,
foresterie, tourisme
- La qualité de l’air et son impact sur la
santé publique (canicule)
Les impacts possibles du changement
climatique sur le territoire sont en cours
d’identification. Il s’agit, d’avantage
aujourd’hui, de les repérer, puis d’intégrer
cette dimension « adaptation » dans les réflexions de la collectivité.
« Le développement durable impose la mobilisation de la collectivité dans sa capacité à développer des politiques publiques, mais aussi celle des citoyens dans leurs propres gestes quotidiens. En cela, la commune reste l’échelon central, en complémentarité avec le niveau communautaire. Les Ateliers nantais du développement durable, ouverts à tous les citoyens intéressés (ndlr : plus de 600 personnes mobilisées), offrent l’occasion de coproduire ensemble de nouvelles politiques publiques, sur la forme de la ville, la biodiversité ou la solidarité internationale. A travers ce mode de concertation, nous avons notamment développé un axe de réflexion sur le vivre ensemble et la diversité culturelle. Notre agenda 21 communal a été adopté fin 2006, la solidarité en est le coeur : solidarité entre les Nantais, solidarité internationale, solidarité avec les générations futures. »
L’objectif visé par la collectivité est de réduire les émissions
annuelles de CO2 de 2007 de 1 million de tonnes équivalent
CO² en 2025
- La première phase de mise en oeuvre du plan climat territorial,
achevée en 2006, a permis d’établir un diagnostic des émissions
de CO2 sur l’agglomération pour les secteurs suivants : industrie,
transports, résidentiel-tertiaire et agriculture.
Cette évaluation indique que le territoire communautaire émet
2 617 milliers de tonnes équivalent CO2. Les gisements d’économie d’énergie se concentrent pour Nantes métropole sur le secteur
des transports et sur le secteur résidentiel tertiaire qui représentent
80% des émissions totales de CO2.
- La seconde phase du plan climat territorial (2008-2010)
consiste à définir un programme d’actions afin de stabiliser, puis de
réduire les émissions de CO2 du territoire.
Le plan pluriannuel d’actions en faveur de l’énergie, le plan de déplacements urbains, les orientations en matière d’urbanisme en faveur de la densification urbaine, sont d’ores et déjà contributrices de
la réduction des émissions. Les approches prospectives démontrent
qu’elles ne suffiront pas à atteindre les objectifs de Kyoto.
Les types d’actions déterminées lors de la première phase vont être amendés ou vérifiés, avec un groupe d’experts (planification énergétique, économiste, juriste) afin de consolider un programme opérationnel.
En matière de transports, les objectifs du plan de déplacements urbains (PDU) seront poursuivis : réduire la place de l’automobile et la circulation des camions en ville, développer l’usage des biocarburants et multiplier par deux le nombre d’usagers des transports collectifs.
Concernant le secteur résidentiel tertiaire, l’enjeu se situe au niveau
des bâtiments, en l’occurrence le chauffage, qui représente 75%
des consommations énergétiques.
Pour réduire les émissions de CO2, il faut à la fois réduire les
consommations et augmenter la part d’énergies renouvelables qui
vont se substituer aux énergies fossiles.
Nantes métropole ne pourra atteindre ces objectifs seule : la mobilisation du territoire, des communes, des acteurs locaux, des entreprises est nécessaire. L’ensemble des initiatives prises par les acteurs locaux sera quantifié afin de vérifier si l’effort collectif permet d’atteindre les objectifs assignés.
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